Sejour Isabelle Carré au centre

Cours de « coupe et couture » et apprentissage du français au centre EDSR d’Ambatolampy, Madagascar. ( Du 5 juillet au 12 août 2011 )

J’ai installé l’école de couture dans la salle du logement que j’occupais. Habituellement les malgaches utilisent des machines à l’ancienne qu’ils font fonctionner à l’aide d’une manivelle. J’ai donc ramené deux machines familiales électriques de France ainsi que tous les accessoires utiles (ciseaux, aiguilles…) que j’ai laissés en partant. Ces machines offrent plus de possibilités car elles ont plein de points possibles et consomment peu d’électricité. J’ai préparé les cours sur place à l’aide des patrons ramenés de France.

Avec Sœur Georgette, nous avons établi un planning par groupe de 4 à 8 enfants. Ils sont très attentifs, calmes et bien éduqués ! bravo les soeurs !

Les cours de couture ont battu leur plein pendant ces 6 semaines. Les enfants comme les adultes y ont participé avec beaucoup de plaisir de 8h30-9h à 12h et de 14 h à 17h-18h en moyenne. Nous étions hélas limités par les deux machines ainsi que par la difficulté à trouver ce qu’il faut en matière d’accessoires  (aiguilles de machines fines…).

Du côté des plus jeunes de 8 à 1 3 ans, au début l’engouement pour la couture était plus fort que pour parler le français. Je leurs ai donc demandé de réviser leur cahier de français pour la séance suivante. J’ai constaté que des efforts ont été fournis par les enfants dès la deuxième semaine pour échanger en français avec moi. L’activité avec une française les a stimulés. Ils ont appris à me connaître et se sont montrés moins intimidés devant la barrière de la langue.

Les plus grands et les adultes ont travaillé sur des vêtements à partir des patrons que j’ai ramenés de France. Ils devaient décrypter toute la gamme opératoire écrite en français !

Pour les jeunes de 14 à 18 ans, j’ai senti un peu plus de facilité à communiquer en français sur des choses simples. Ils comprenaient les consignes sans problème.
Quant aux bacheliers d’une vingtaine d’années, ils parlaient bien le français. Rien d’étonnant pour Farah qui m’a indiqué qu’elle souhaitait faire des études dans le tourisme et qu’elle rêvait de voyager. Elle venait souvent discuter avec moi le soir après les cours et je lui ai appris à faire une robe pour la fête de sa promotion ‘Fandresena’ du 23 juillet.

Je n’ai jamais eu d’élèves aussi passionnés ! Les enfants se sont montrés très polis et à l’écoute pendant mes cours. Ils ont fabriqués des coussins à épingles et des mouchoirs permettant l’apprentissage de tous les points de base. Ensuite, ils ont travaillé sur une poupée en tissu « Hello Kitty » (un petit chat) et sa garde-robe.

petit à petit: des jupes pour la messe du dimanche, des robes, bermuda et chemise ainsi que des accessoires comme des sacs ou des aumônières qui peuvent servir de pochettes à portable. Viviane, une élève de 3ème est venue après le BEPC pour fabriquer son cartable de rentrée (sac besace).

Lorsque je suis arrivée à l’EDSR, je suis à peine descendue du minibus que les enfants sont venus m’accueillir en me serrant la main et ce sont présentés spontanément. Pendant les deux jours qui ont suivi, Sœur Georgette a pris soin de me faire une visite du centre et des alentours. Tout le monde est venu à ma rencontre ( professeurs, élèves, pères, frères, sœurs…). C’est incroyable toutes les poignées de mains que j’ai données en même pas deux jours.

Les tout petits étaient affectueux. Dès qu’ils me voyaient, je me retrouvais avec trois ou quatre enfants accrochés à mes doigts. Un soir avant de dîner, je leur ai demandé de me chanter une chanson. Ils m’ont chanté leur répertoire entier pendant une heure en vivant pleinement chaque chanson !

Au centre, les plus grands sont responsables des plus petits, encadrés par 4 éducatrices. Tout le monde met la main à la pâte ! Et personne ne rechigne ! Le tout en chanson ! Le centre s’organise ainsi joyeusement.

Conclusion :

Depuis que je suis rentrée en France, je pense beaucoup à la vie du centre et à son organisation dont je suis admirative. J’ai beaucoup appris sur la vie en communauté et sur ce que peut apporter la religion. Notamment, j’ai noté qu’elle apportait au-delà de la foi, un repère important, une ligne de conduite, le respect d’autrui et surtout un certain apaisement que nos jeunes en France ont perdu.
Je retiendrai dans l’application de ma pédagogie plein de choses comme l’organisation de petits groupes par famille, avec un chef de famille, etc. … Je garderai le souvenir d’une expérience formidablement riche et celui des visages des enfants illuminés par les plus beaux sourires du monde.